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Les effluents peu chargés, pourquoi s'en soucier ?

Gérer vos effluents peu chargés différemment des lisiers permet d’éviter la construction de nouvelles fosses.

 

 

Au cours des dernières décennies, la gestion des effluents d'élevage a pris une place importante dans les pratiques des éleveurs. Un agriculteur soucieux de la bonne conduite de son élevage doit faire face à une problématique de taille : la mise en place de volumes de stockage suffisant pour la récupération des effluents produits par son activité et l'épandage de ces derniers lors des périodes propices. Une exploitation produit une quantité non négligeable d'effluents. Leur nature varie en fonction de l'activité et des pratiques agricoles.
Parmi tous les types d'effluents possibles, il en existe certains qui peuvent être qualifiés d'Effluents Peu Chargés (EPC). Ces effluents se distinguent par leur caractère très liquide et faiblement polluant. Un EPC contient moins de 0,5 kg d'azote par m3. Ces produits ne sont pas rares sur les exploitations. Est considéré comme EPC : les eaux blanches (Salle de traite ou fromagerie à la ferme), les eaux vertes (quai et fosse de salle de traite), les eaux brunes (eaux pluviales ruisselant des aires d’exercice non couvertes) et les lixiviats de fumière non couvertes entre autre.


Comme il est d'usage de récupérer ces différents effluents, il est courant pour les élevages de les gérer de la même manière que les lisiers. Ainsi ces EPC sont ajoutés aux fosses à lisier et épandus à la tonne. Pourtant cette méthode, bien qu'elle soit facile à mettre en œuvre (solution de gestion unique), risque à terme de pénaliser l'exploitation. En effet les EPC représentent de gros volumes (souvent plus de 500 m3 par an) ne correspondant qu'à moins de 10 % de l'azote totale produite sur la ferme. C'est pourquoi il est intéressant de les gérer différemment que les lisiers. Un agriculteur possédant un ouvrage de traitement d'EPC pourra éviter la construction de nouvelles fosses à lisier ou de fosses de récupération des jus de fumières. Il pourra aussi maintenir des zones non-couvertes et verra la valeur fertilisante de ses lisiers augmenter car plus concentrés. La fertilisation sera plus efficace et nécessitera moins de voyages (plus de transport d'eau).


Ainsi un agriculteur possédant un ouvrage EPC choisi parmi les différents systèmes validés par l'IDELE fera des économies à moyen terme (réduction des investissements en bâtiment et des coûts d'épandages). Il pourra augmenter la taille de son troupeau sans avoir besoin de construire de nouvelles fosses (volumes libérés par les EPC) et ceci pour un coût de construction relativement faible car une part des EPC peut être auto-construit et ne demande que peu d'entretien.

 

 

Un cas concret : Le GAEC de la Bouvatière

 

Cette exploitation possède 60 vaches laitières et 50 chèvres en système fumier pour 80 ha de SAU donc 40 en prairie permanente. Les terres sont très argileuses. Monsieur Perrat, le chef d'exploitation, a dû faire face à un problème de mise aux normes de son élevage en 2007. Il se retrouvait obligé de bâtir une fosse à lisier. Une solution insatisfaisante car il souhaitait rester en système fumier stocké aux champs. Etant donné la nature des terres, il fallait limiter les effluents à épandre en réduisant l'eau présente dans les fumiers.
C'est pourquoi un ouvrage de traitement des EPC était nécessaire. Monsieur Perrat est l'un des premiers agriculteurs de l'Ain à avoir installé un système de filtre à paille (FAP) et lagunes suivi d'une tranchée enherbée. Ce système lui a permis de gérer les eaux vertes de sa salle de traite, les jus de fumière et les eaux brunes de ses zones non-couvertes. Ainsi, il a pu mettre son exploitation aux normes sans avoir à creuser des fosses. L'entretien d'un ouvrage comme celui-ci étant léger (5 jours par an), il a pu faire des économies de carburant et temps de travail car il transportait bien moins d'eau. Des économies qui ont pu amortir le coût de l'ouvrage (37 000 €).

 

CA01 ACTU effluents peu chargés

Filtre à paille du GAEC de la Bouvatière. On peut voir les jus de fumières mélangées aux eaux vertes être filtrées par les bottes de pailles serrées.



Le sujet du traitement des EPC et les différentes filières adaptées à chaque type d'EPC produit dans l'exploitation seront abordé lors des "Journées Gestion des Effluents" qui auront lieu le 23/01/18 à Foissiat et le 08/02/18 à Curciat-Dongalon.

Contact : Théophile Brochu

 

L'ensemble des données chiffrées de cet article proviennent des travaux réalisés par l'IDELE, les Chambres d'Agricultures et le Cemagref présentés dans l'ouvrage: "Les effluents peu chargés en élevage de ruminants, procédés de gestion et de traitements (Seconde édition revue et complétée)" de la collection Synthèse de l'IDELE, 2007